Des promesses, et après ?

Le 18 novembre, le Préfet Stéphane Bouillon est venu constater les conséquences des mouvements de terrain dont nous sommes victimes. Trois mois plus tard, sur la base du rapport établi par Géodéris, le Préfet nous annonçait le classement en catastrophe minière avec la promesse que tout serait fait pour réparer et indemniser. Aujourd’hui, nous déchantons !

Tout d’abord, nous ne pouvons que déplorer la lenteur des opérations. Le temps joue contre nous et le sol continue de gonfler. À ce jour, seules les opérations de mesurage géométrique ont été initiées. Cependant, bien que le périmètre observé ait été étendu aux rues des Vignes, des Prés et des Cigognes, nous estimons que cela n’est pas suffisant. Nous ne pouvons pas accepter d’attendre que des mouvements de terrain soient constatés par les géomètres dans ces trois rues pour étendre encore la zone suivie. Il serait plus opportun de prendre des mesures sur l’intégralité du village pour ensuite restreindre le suivi à la zone impactée. L’approche actuelle retarde de facto le déblocage des permis de construire et les transactions immobilières dans la zone non impactée. De plus, les opérations de colmatage qui doivent débuter par une analyse fine du sous-sol tardent à démarrer. Plus l’attente sera longue et plus les dégâts seront importants. Laisser ainsi la nature faire son œuvre destructrice aura bien évidemment un coût qu’il ne faut pas négliger. Cela n’est pas acceptable en cette période de restrictions budgétaires imposées par l’État, et il est urgent d’intervenir sur le forage à l’origine des mouvements de terrain avant que la facture ne devienne exorbitante.

Seulement 3 mois après la réalisation des travaux rue du Koelberg : l'évolution est rapide !

Seulement 3 mois après la réalisation des travaux rue du Koelberg : l’évolution est rapide !

Nous déplorons également le manque de professionnalisme dont fait preuve le FGAO1 qui semble faire l’amalgame entre les problèmes miniers lorrains et notre situation. Les causes sont différentes, les solutions ne peuvent donc pas être identiques. À Lochwiller, il n’y a pas de galerie souterraine et la géothermie a clairement été identifiée comme la cause des désordres dont nous subissons chaque jour les conséquences.

Nous souhaitons aussi dénoncer le discours à géométrie variable qui a été tenu aux propriétaires dont les habitations ont été visitées par les représentants du FGAO et leurs experts. Par exemple, certains se sont fait expliquer qu’il n’est pas possible de redresser une maison quand l’inverse a été affirmé à d’autres. Nous ne sommes pas dupes et nous comprenons bien que l’on cherche à nous caresser dans le sens du poil pour calmer la colère.

La contribution aux fonds de garantie des assurances obligatoires augmente de 67% !

La contribution aux fonds de garantie des assurances obligatoires augmente de 67% !

De plus, il nous paraît évident que le FGAO cherche à minimiser l’importance du problème pour débourser le moins d’argent possible. Cela est insupportable lorsque l’on sait que le FGAO, aussi étrange que cela puisse paraître, est alimenté par les assurances automobiles, et que la part qui lui est allouée est passée de 1,2% à 2% cette année, soit une augmentation de 67%. Les propos qui nous ont été tenus sont inacceptables :

  • Nous ne pouvons pas accepter que la gîte d’une habitation soit considérée comme un simple défaut d’agrément.
  • Nous ne trouvons pas raisonnable d’attendre qu’une maison devienne dangereuse avant d’obtenir une indemnisation.
  • Nous n’acceptons pas les sous-entendus sur la piètre qualité de nos habitations.
  • Nous ne croyons pas que les maisons déjà impactées puissent un jour retrouver une quelconque valeur.
  • Nous n’acceptons pas que les aspects humains soient totalement ignorés.
  • Nous n’acceptons plus d’attendre encore et encore…

Le FGAO doit financer les travaux de colmatage et indemniser à leurs véritables valeurs les habitations touchées : le plafond de 300.000€ n’est pas acceptable et doit tout simplement être ignoré. L’épreuve que nous vivons semble être prise à la légère, mais nous nous battrons pour retrouver rapidement un cadre de vie normal. Certains d’entre nous seront bientôt forcés de quitter leur logement à contre cœur. Il y a là un véritable drame humain qui est totalement occulté.

Tout cela est d’autant plus choquant que, parallèlement à notre malheur induit par un forage loupé d’importance minime, l’argent coule à flot pour promouvoir la géothermie. À titre d’exemple, l’ADEME2 subventionnera à hauteur de 25.000.000€ la réalisation d’un forage géothermique à Rittershoffen. Ce forage doit permettre d’extraire la chaleur des entrailles de la Terre à près de 2.500m de profondeur ! L’Université de Strasbourg, en partenariat avec Électricité de Strasbourg et le GEIE3 “Exploitation minière de la Chaleur”, a également touché le gros lot : 3.000.000€ lui ont été attribués pour financer le laboratoire d’excellence G-EAU-THERMIE PROFONDE et ainsi “cristalliser la confiance” en cette technologie devant permettre à la France d’atteindre ses objectifs en terme de réduction des gaz à effet de serre. Si les industriels se sont entourés de scientifiques reconnus pour crédibiliser leurs projets, nous pensons que cela ne suffit pas. Nous demandons que la preuve de la maîtrise de la géothermie soit d’abord faite à Lochwiller avant de prétendre être capable de forer en profondeur à Rittershoffen ou sur le Parc d’Innovation d’Illkirch-Graffenstaden pour ne citer que ces deux exemples. Qui peut le plus, peut le moins…

1 FGAO : Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires

2 ADEME : Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie

3 GEIE : Groupement Européen d’Intérêt Économique

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