Lettre ouverte au préfet

Monsieur le Préfet,

L’été est habituellement une période de légèreté, de plaisirs partagés en famille, voire même l’occasion de quelques travaux extérieurs ou intérieurs. À Lochwiller, il n’en est rien, l’inquiétude de la fin juin a laissé place à l’angoisse le 21 juillet 2014, date de la suspension de l’action de l’État. Alors que vos discours étaient francs et directs, et que nous pouvions entrevoir un échéancier de travaux, le dossier est aujourd’hui au point mort. Seule, la terre est en mouvement, inexorablement et lentement, ce mouvement détruit nos habitations et ébranle nos vies.

Depuis votre visite du 23 juin, nous avons le sentiment que chaque excuse est bonne pour retarder le début des opérations qui vont permettre, au mieux d’arrêter le phénomène au pire de le limiter. Manifestement, vous êtes aujourd’hui, le seul à pouvoir faire débuter les opérations de secours nécessaires et indispensables rapidement. Nous vous demandons instamment de distinguer les procédures judiciaires forcément longues et « l’action réparatrice » absolument urgente.

Le volet juridique de cette affaire est usant, et nous ne pouvons attendre patiemment que les différentes « mises en cause » s’accumulent. D’ailleurs doit-on attendre de déterminer l’origine et les responsabilités d’un incendie avant d’appeler les pompiers ? La tragédie de Lochwiller doit-elle devenir dramatique pour avoir une réaction de l’État ?

Plus le temps passe, plus les dégâts sont importants. Les services de l’état doivent réagir et se positionner.

Dans le code général des collectivités territoriales, l’article L.2212-2 traite du pouvoir de police et notamment « du bon ordre, de la sûreté, de la sécurité et de la salubrité publique ». L’alinéa 5 comprend « Le soin de prévenir, par des précautions convenables, et de faire cesser, par la distribution des secours nécessaires, les accidents et les fléaux calamiteux ainsi que les pollutions de toute nature, tels que les incendies, les inondations, les ruptures de digues, les éboulements de terre ou de rochers, les avalanches ou autres accidents naturels, les maladies épidémiques ou contagieuses, les épizooties, de pourvoir d’urgence à toutes les mesures d’assistance et de secours et, s’il y a lieu, de provoquer l’intervention de l’administration supérieure»

Considérez Monsieur le préfet ce courrier comme un nouvel appel au secours.
Respectueusement.

2014_09_14_Lettre ouverte au prefet

Reportage France 3 Alsace

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