Manifestation devant le TGI

Lundi 3 novembre 2014, à Saverne, l’association “Lochwiller se soulève” a, pour la première fois, manifesté sur la place publique. Ce jour là, malgré une organisation tardive et bien que beaucoup de nos adhérents n’aient pas pu se libérer de leurs obligations professionnelles, près de soixante personnes ont répondu présentes.

Après avoir remonté la Grand’Rue pour faire entendre notre détermination aux cris de “Lochwiller sinistré, pas résigné !”, nous nous sommes dirigés vers le Tribunal de Grande Instance de Saverne où s’est tenue une audience en référé opposant la société Sika et le BRGM.

La manifestation a bénéficié d'une large couverture médiatique.

La manifestation a bénéficié d’une large couverture médiatique

Devant les grilles du tribunal, nous avons rappelé que des promesses avaient été faites par la préfecture et, qu’à ce jour, aucune action concrète n’a été menée sur le terrain : le sol continue de gonfler à Lochwiller détruisant toujours un peu plus nos vies et nos biens.

Par cette première manifestation, nous avons d’abord voulu rappeler aux acteurs de la procédure judiciaire que les vies de nombreuses familles sont mises entre parenthèses et suspendues à leurs décisions. Nous ne supportons plus de devoir attendre qu’un responsable soit désigné pour qu’une tentative de colmatage soit entreprise sur le terrain. Il y a urgence et plus l’attente sera longue, plus la facture finale sera élevée. Agissons d’abord pour réparer et sauver ce qui peut encore l’être et cherchons ensuite à qui faire payer la facture. L’État en a les moyens !

La gestion actuelle du problème donne une très mauvaise image de la géothermie que le Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie cherche à promouvoir pour tenir les engagements de la France sur la réduction de ses émissions des gaz à effet de serre.

Une délégation de l’association a également assisté à l’audience publique en référé pour écouter les arguments de la société Sika et du BRGM. La société Sika prétend avoir agi sur “recommandations du BRGM” et souhaite donc l’extension des opérations d’expertise au BRGM. De son côté, le BRGM cherche à faire valoir la nullité de l’assignation par la société Sika : le BRGM prétend n’avoir agi qu’en qualité de sapiteur dans cette affaire et nie avoir émis des recommandations concernant le premier colmatage de la partie haute du forage. Le BRGM qui prétend n’avoir réalisé qu’une “mission de soutien” à la DRIRE (devenue DREAL) a également demandé l’exception d’incompétence : il estime que le dossier devrait être transféré au tribunal administratif. Le délibéré a été reporté au 17 novembre et nous en saurons plus à cette date.

Nous voyons trois scénarios possibles :

  • La demande de Sika est rejetée et le BRGM est mis hors de cause. Dans ce cas, le préfet Stéphane Bouillon s’était engagé à débuter les opérations de colmatage.
  • Les opérations d’expertise sont étendues au BRGM. Au travers du BRGM, c’est l’État qui pourrait être mis en cause. Cela risque de retarder encore l’intervention sur le terrain.
  • Le tribunal judiciaire se déclare incompétent et transfère le dossier au tribunal administratif. Il faudra alors que ce dernier reprenne le dossier depuis le début ce qui pourrait retarder encore plus l’action sur le terrain.

Si le BRGM est mis hors de cause, les actions sur le terrain devront débuter rapidement comme l’a promis le préfet Stéphane Bouillon sur France 3 Alsace le 15 septembre dernier le lendemain de la publication de notre lettre ouverte restée sans réponse officielle.

Nous rappelons une fois de plus que ce qui se passe en ce moment à Lochwiller déchire les maisons et les vies de ses habitants. Il est urgent que l’État prenne ses responsabilités et vienne au secours de ses administrés.

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